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mercredi 6 août 2014

FEMEN : ces femmes nues qui dérangent

Il est de bon ton de critiquer les Femen.
Comme il est de bon ton de critiquer les grévistes, les cheminots, les profs ou les intermittents du spectacle, ces "privilégiés" (qui mangent des pâtes Carrefour Discount, pendant que d'autres... non, rien).

On peut faire des reproches au mouvement Femen, comme on peut critiquer tout mouvement, qu'il soit politique, social, culturel, philosophique, syndical...
Moi-même, je leur reproche leur position anti-pornographie et anti-prostitution.
Bref : on peut critiquer le cadre théorique ou idéologique, on peut critiquer les méthodes de lutte ou d'action. Mais encore faut-il savoir de quoi on parle : or, ce n'est pas le cas de la plupart des personnes qui émettent ces critiques.

Voici les reproches les plus fréquents qui leur sont faits, liste non exhaustive : une brève recherche Google démontre que les articles de sites / billets de blogs qui leur sont consacrés sont très majoritairement négatifs à leur encontre. On pourrait d'ailleurs interroger le pourquoi de ce bûcher médiatique alimenté par l'opinion publique : au 21ème siècle, force est de constater que le corps nu ou à demi-nu des femmes continue d'alimenter les plus vieux réflexes de rejet.


« Les Femen sont violentes »

Violentes, les Femen ?
Une poitrine nue c'est violent ?
Un slogan peint sur les seins ou le ventre, c'est violent ?
Des cris, c'est violent ?
Taper sur une cloche avec un objet recouvert de mousse c'est violent ?
Brandir des pancartes c'est violent ?

Ce qui est violent, c'est la réponse disproportionnée qu'elles reçoivent en retour : coups, gaz lacrymo, dents cassées. Ce qui est violent, c'est le dénigrement permanent dont elles font l'objet, dans les médias, dans les commentaires, sur des forums, sur les réseaux sociaux. Ce qui est violent, c'est la répression, les menaces et autres harcèlements dont elles sont victimes. 

Ce qui est est violent, c'est que les gens ne savent plus faire la distinction entre ce qui est violent et ce qui ne l'est pas. 
* Violence : de quoi parle-t-on ? Est-ce la violence qui croît dans la société, ou notre sensibilité envers elle ?

Ce qui est violent, c'est le traitement particulier, et particulièrement sexiste, de la violence lorsqu'elle est employée par femmes.

Car la violence des Femen n'est que symbolique : les Femen sont dans l'action pacifiste ; elles prennent des coups, elles n'en donnent pas.


« Les Femen s'attaquent aux religions »

Oui, et alors ?
Les religions ne sont sacrées et intouchables que pour ceux et celles qui les considèrent comme telles, ce n'est pas une vérité universelle et absolue, encore moins une obligation. Nous avons le droit de blasphémer. Nous avons le droit de critiquer les religions. La "profanation" de "lieux saints", "salir des lieux de culte" n'est pas un vocabulaire républicain.

* La profanation, c’est la basilique du Sacré-Cœur, pas les tags
« Profanation ». Tous utilisent ce mot. Pas délit, pas vandalisme, pas dégradation : profanation. Soit un rapport au sacré. (...) Le fait religieux est posé comme une évidence, et pas question de rappeler que si l’action publique organise la libre expression religieuse, elle ne reconnaît rien.


Enfin, quand on se préoccupe sérieusement de féminisme, la critique de la religion est inévitable.
* Femen : « Là où commence la religion s’arrête le féminisme »
« l’un des principaux messages que nous essayons de faire passer à travers notre combat est que la religion, et donc l’Église, répand des valeurs misogynes. Je crois que là où commence la religion s’arrête le féminisme. »
Ce rapport de confrontation à la religion fait partie intégrante du mouvement Femen, qui se revendique féministe, athée et "religiophobe" :
« Le féminisme et la religion ne peuvent pas co-exister (...) Nous sommes athées ! Et nous avons le droit de dire que vos dieux, on les emmerde ! »

« Les Femen sont racistes »

Car les religions sont des "races", évidemment...


Passons sur l'escroquerie intellectuelle devenue habituelle : critiquer l'islam => critiquer les arabes (car ils sont tous musulmans, bien sûr) => islamophobie = racisme, et attardons-nous sur ce qui est vraiment rigolo dans cette histoire : ces accusations de racisme sont, pour l'essentiel, portées par Rokhaya Diallo (association Les Indivisibles), Les Indigènes de La République, ou leurs soutiens (et autres fans de Kémi Séba et nostalgiques de La Tribu Ka) :


à savoir des gens qui sont les premiers à déshonorer l'antiracisme :
* Les "Y’a bon Awards" déshonorent l’antiracisme
« Hélas, le but de Rokhaya Diallo et de son association (Les Indivisibles) n’est pas de militer contre le racisme… Mais de combattre les antiracistes ayant le tort, à leurs yeux, de défendre la laïcité. Pour proposer un autre modèle, basé sur les statistiques ethniques et la laïcité « ouverte », aux religions et même à l’intégrisme. »
A-t-on accusé les Femen de "racisme" lorsqu'elles ont découpé une croix à la tronçonneuse ? Non. Les accuser de "racisme" lorsqu'elles s'en prennent à d'autres religions n'a guère davantage de sens.
* Inna Shevchenko : « Je ne suis pas islamophobe mais religiophobe »


« Les Femen sont toutes jeunes et belles »

Un bien étrange reproche ! Les femmes n'auraient-elles pas le droit d'être jeunes et belles ?
* Ces femmes jugées trop belles pour travailler

Et un reproche non fondé :
* En France, les Femen bousculent le féminisme :
On leur reproche d’être jeunes et belles, de ne pas avoir dans leurs rangs de filles moins avenantes ? Cela fait bondir Marguerite qui renvoie aussitôt la balle dans le camp des médias : « Mais ce sont eux qui choisissent de photographier celles qui correspondent à ces critères. Lors de notre action contre Civitas, par exemple, il y avait des filles plus rondes et moins jeunes, mais on ne les a pas vues sur les photos… ».
* Femen ou le féminisme mis à nu :
Sur 300 membres, elles sont vingt à manifester dénudées. La plus jeune a 16 ans et la plus âgée 64.



« La nudité et la provocation donnent une mauvaise image des femmes / du féminisme »

Petit rappel :

* Féminisme : des suffragettes aux Femen en passant par Simone de Beauvoir
« Mais depuis sa naissance, le mouvement féministe a souvent choqué les esprits. Et la provocation a souvent servi d'arme politique pour interpeller les pouvoir publics, du Manifeste des Salopes de 1971 aux "slutwalks" (marche des salopes) de 2011. D'Olympe de Gouge aux "sextrémistes" venues de l'Est en passant par les suffragettes et Simone de Beauvoir »
* Le féminisme en action : bien avant les Femen
« Coups d’éclats, initiatives spectaculaires, ruptures ostensibles par rapport aux conventions de l’ordre établi, tout cela ne date pas d’hier »
* « Mon corps est une arme », des suffragettes aux Femen (lien de secours)
« Les Femen, en avançant l’idée que leur corps est une arme, forcent l’attention sur le rôle du corps et de sa représentation dans le répertoire de l’action militante. Or les femmes n’ont pas un égal accès à ce répertoire qu’il s’agisse de moyens traditionnels (grève, manifestation, rassemblement, meeting...) ou pas. »

« Ce que font les Femen est inefficace, contre-productif » 

C'est vrai que défiler de République à Nation en écoutant les camions de la promenade manif qui crachent du Zebda, voter tous les 5 ans ou signer des pétitions en ligne c'est teeeeellement efficace...
Les méthodes militantes dites "extrêmes" font leurs preuves. Peu d'acquis sociaux et de droits n'ont été conquis qu'en philosophant.

Enfin, rappelons – oui, encore – que la violence des Femen est symbolique, et s'inscrit dans l'utilisation de méthodes qui ne sont pas inconnues du militantisme et du féminisme :
« Leurs actions spectaculaires sont essentiellement utiles pour attirer l'attention des médias. Si l'on analyse la longue histoire du féminisme, les militantes qui ont eu recours à ce type d'actions ont été médiatisées. Les Suffragettes anglaises se sont enchainées au Parlement, elles ont cassé des carreaux et même mis le feu à des bâtiments publics ! »

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« La révolte, c’est aussi le miroir de l’incompréhension des autres. »
Régine Deforges

vendredi 25 juillet 2014

Pourquoi la guerre ?

La guerre, c'est quand un clan (un peuple, un pays, une tribu, des gens) et un autre clan se tapent sur la gueule, à moyenne ou grande échelle, plus ou moins bien armés, en ayant pour objectif de faire autant de morts que possible et aussi mal que possible à l'autre clan, pour qu'il capitule.


Combien de temps ça dure ?

Des fois, un clan a beaucoup plus de matos et de soldats que l'autre clan, et il lui défonce la gueule en deux temps trois mouvements (et une dizaine de bombardements, histoire de rentabiliser le matos et de se la péter un peu).

 Dracaufeu se la pète en Syrie

D'autres fois, aucun clan ne capitule, et ils se tapent sur la gueule pendant très, très, très longtemps.

Et d'autres fois encore, ils en ont marre de se taper sur la gueule alors ils arrêtent. Avec moult communiqués humanistes et arrangements diplomatiques à l'appui, afin de ne pas passer pour des grosses tâches qui ont fait la guerre et tant de victimes pour rien.


Justement, des victimes y'en a plein

* Des soldats ou guerriers de chaque clan, évidemment, puisque c'est eux qui font la guerre et qui ont les armes (ça aide pour faire la guerre) ;

* Des gens qui n'ont rien demandé à personne, ne font pas la guerre, mais qui se prennent un missile, une roquette, un attentat ou des coups de machette dans la gueule quand même. On appelle ça "les civils", ou "populations civiles", pour les distinguer des combattant-e-s de chaque clan ;

* La nature qui, comme les populations civiles, s'en prend plein (genre : PLEIN) la tronche : écosystèmes et paysages ravagés par les incendies, par les bombardements, par les armes chimiques, par les besoins des militaires ou des réfugié-e-s ; chiens, chats, chevaux, bétail, faune sauvage, tous ces animaux blessés, agonisants, massacrés, abandonnés, perdus ou affamés, dans l'indifférence générale le plus souvent (aaaah, cet "humanisme" se résumant à "les humains d'abord", que c'est touchant d'égoïsme).
Si l'effet des gaz lacrymo sur des enfants voire des bébés vous émeut, imaginez donc l'effet de ces gaz sur un moineau. Et sur la plupart des formes de vie alentour. 


Jeux de guerre

Mode Multi obligatoire

La guerre ayant besoin de joueurs (car faire la guerre tout seul.. on s'ennuie vite), le mode solo est banni. En temps de guerre, le mode multijoueurs est obligatoire.
Qu'on soit attaqué - et déclaré vaincu - alors qu'on n'a rien demandé, ou qu'on soit sommé de rejoindre une team, pas moyen d'esquiver la guerre en mode solo.

Vous aurez beau expliquer aux autres joueurs que :


rien à faire, voici ce qui vous attend :



Les (effets) dominos

C'est quand, via un jeu d'alliances et d'intérêts de clans contre d'autres clans, le mode multijoueurs devient hors de contrôle. C'est ainsi qu'un conflit isolé peut déclencher une succession d'évènements, qui en déclenchent d'autres et ainsi de suite, et parfois aboutir à un immense foutoir généralisé (ou une guerre mondiale, oui voilà).




Le jeu du Céki Karaizon

Un jeu très prisé chez les humains, même en temps de paix, mais plus particulièrement en temps de guerre. Le jeu consiste à répéter inlassablement « C'est moi qui ai raison ! », que vous ayez raison ou non d'ailleurs peu importe, le but n'étant pas de savoir quel clan a vraiment raison mais d'offrir au public une joute digne des meilleurs tournois de ping-pong :

- C'est moi qui ai raison !
- Non c'est moi !
- Non toi t'es le méchant, donc c'est moi le gentil et les gentils ont toujours raison !
- Faux ! Le gentil c'est moi !
- T'es pas gentil ! Tu m'attaques !
- Toi aussi tu m'attaques !
- Oui mais moi je t'attaque parce que c'est moi qui ai raison !
- Noooon, c'est moi qui ai raison !
- Non c'est moi.
- Non c'est pas vrai.
- Si.
- Non.
- Si.
- Dis, c'est bientôt l'heure de l'apéro et puis y'a Les Ch'tis à Bagdad ce soir à la télé. On fait une pause ?
- Ouais t'as raison.
- TU VIENS D'ADMETTRE QUE J'AI RAISON ! J'ai gagnéééé !
- MAIS ! Ça compte pas t'as triché !



Le rôle des médias

On peut compter sur les médias pour convoquer tout leur savoir-faire :

 Oui, le traitement médiatique des guerres est sensiblement le même que celui des grèves

et nous offrir des analyses éclairantes : « L'ennemi est bête : il croit que c'est nous l'ennemi alors que c'est lui ! ».


Bref, 
la guerre c'est pas marrant. C'est fatiguant (on ne dort pas très bien sous les bombes), c'est dangereux et ça peut même faire très mal à tout le monde : aux gens, aux autres animaux, à la planète.
Et là, plein de bon sens vous vous dites : devant tant d'injustices, d'atrocités, de souffrances et de stupidité : mais pourquoi ?


Pourquoi la guerre ? 

Des clans se font la guerre principalement pour les raisons suivantes :


* Défendre un clan attaqué (le sien ou un autre)



* Pour des questions de territoires



* Pour imposer une religion



* Pour faire de l'argent



L'argent étant d'ailleurs la principale motivation pour déclencher une guerre, ou la faire durer :


Même si parfois, la population râle :



En résumé :



Oui, c'est même un peu le problème majeur de l'humanité.


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« Je hais violemment l'héroïsme sur ordre, la violence gratuite et le nationalisme débile.
La guerre est la chose la plus méprisable. »
Albert Einstein

samedi 31 mai 2014

Pour cet hôpital de Toronto, la religion est... peut-être dans le pancréas ?

Pour le Lakeridge Health, un centre hospitalier canadien, la religion... c'est pas dans la tête. Je n'oserais mettre en doute la parole de scientifiques : une équipe de chercheurs en pointe dans le domaine des sciences neuro-cognitives a très certainement publié une étude démontrant que le siège de la pensée se trouve non pas dans le cerveau, mais dans le pancréas. Ou dans le bras, comme le nazisme.


« Ce qui nous importe n'est pas ce que vous avez sur la tête, 
mais dans la tête »

Et bien figurez-vous que justement, ce qu'ont les gens dans la tête m'intéresse beaucoup aussi. Et ma baguette magique me dit que ce que cette femme a sur la tête n'est pas totalement étranger à ce qu'elle a dans la tête.
À savoir : des convictions religieuses.

Qui sont discutables. 

Car, comme dans toutes les religions, les lois de Dieu sont supérieures à celles des êtres humains. Pas très autogestionnaire ni même démocrate, tout ça. Ni très pratique pour y opposer des arguments, capables d'égaler la parole divine.

Car, comme dans toutes les religions, du moins les trois principales religions monothéistes que sont le judaïsme, l'islam et le christianisme, les hommes et les femmes ont des fonctions et des rôles différenciés, "naturalisés", prédéfinis (par Dieu, ou par "la nature" qui est ici considérée comme l'œuvre de Dieu, ce qui revient au même). Autrement dit : du sexisme.

Car, comme dans les trois principales religions monothéistes, le rejet de l'homosexualité et des droits des personnes homosexuelles est courant.



Car, comme dans les trois principales religions monothéistes, l'avortement n'est pas autorisé (ou dans des délais si courts qu'ils rendent quasiment impossible toute interruption volontaire de grossesse), il est même parfois sévèrement condamné. Et l'usage de contraceptifs n'est pas toujours encouragé, loin s'en faut.

Car, comme dans les trois principales religions monothéistes, les femmes – et tout particulièrement leur corps, ainsi que leur "image" ou leur "réputation" – sont l'objet non pas de toutes les attentions, mais de toutes les obsessions : les femmes se doivent d'être pudiques (pudibondes, pour être précise), de couvrir leur poitrine, leurs cuisses, leurs mollets, leurs bras, leurs mains, leurs cheveux ou leur visage ; elles doivent aussi se montrer réservées (surtout en présence d'hommes), et sur elles repose le devoir de ne pas "exciter" les hommes, ni défier leur statut ou leur autorité (en particulier s'il s'agit de leur époux). 
Si le port du voile était uniquement un signe (extérieur) de dévotion envers Dieu, un acte de foi, alors pourquoi les hommes ne portent-ils pas le voile aussi ?



Stop this bullshit

Le voile n'est pas qu'un bout de tissu sur la tête. Il est l'émanation directe de qui se trouve dans cette tête. Le siège de la pensée et de la conscience, autrement dit du sens moral et des valeurs, de ce qu'on adore ou abhorre, ne se trouve pas ailleurs – quoi que prétende l'affiche de Lakeridge Health.

En outre, juger les gens sur ce qu'ils ont dans la tête, notamment leurs convictions politiques, sociales et religieuses, c'est selon moi bien plus pertinent et profitable aux évolutions sociales que juger autrui sur sa couleur de peau, de cheveux, la forme de son nez, ou son signe astrologique. J'ajoute que l'athéisme, y compris militant, n'est pas moins respectable et "sacré" que les croyances religieuses, dont citoyens bien-pensants, médias et politiciens nous rabâchent régulièrement que tout respect leur est dû (cf. par exemple : La profanation, c'est la basilique du Sacré-Cœur, pas les tags).



Enfin, si l'on se passerait volontiers de politiciens et militaires :




on se passerait bien, et tout aussi volontiers, des religions et de leurs guerres (petite, et récente, rétrospective : 30 ans de guerre au nom de Dieu).

Je ne prétends ÉVIDEMMENT PAS que tous les croyants, et même les plus rigoristes, sont de dangereux fanatiques ascendant psychopathe, dont l'idéal de société serait un vaste champ empli de corps de femmes lapidées, condamnées à mort pour apostasie, ou décédées des suites d'une excision, et peuplé d'innombrables arbres aux branches desquels seraient suspendus par les pieds et battus des délinquants présumés coupables.

Je prétends uniquement que la religion... est un pénis. Si, plus ou moins environ à peu près.



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« Mon pays est le monde, et ma religion est de faire le bien. »
Thomas Paine

dimanche 1 septembre 2013

C'est la rentrée ! * Le guide des non-vacances

Septembre est arrivé, c'est la rentrée ! Mais je n'ai pas pu partir en vacances, donc bon...
Et puis partir en vacances... pour aller où ? C'est pas comme si le monde était un long fleuve tranquille, en particulier pour une fée, de sexe féminin, en fauteuil roulant, polytoxicomane, notoirement gauchiste et occasionnellement nudiste - ou assimilée.


Je ne fous pas les pieds / les roues dans les pays aux mains des narcotraficants adeptes d'enlèvements (entre autres). Je n'ai rien contre les drogues, encore moins contre l'hospitalité, mais quand celle-ci est forcée... hein, bon. Sans façons. Donc exit l'Amérique du Sud et une bonne partie du continent africain.

Je ne fous pas les pieds / les roues dans les pays où les hommes et les femmes n'ont pas légalement ou constitutionnellement peu ou prou les mêmes droits, où les femmes n'ont pas le droit de s'habiller comme Monica Bellucci - ou pire : où elles sont obligées de s'habiller comme Diam's, ni dans ceux où la consommation d'alcool est prohibée. En vacances, l'apéro est roi. Et le monokini conseillé ; oui, les tracés d'autoroute sur le bronzage, je trouve ça laid. Donc exit la plupart des pays arabo-musulmans, entre autres.

Je ne fous pas les pieds / les roues dans les pays où l'État et la religion sont étroitement liés ; donc exit la plupart des pays, en fait...

Je ne fous pas les pieds / les roues dans les pays pauvres ; je parle de vacances, pas de mission humanitaire. Voir des gens encore plus pauvres et malheureux que moi, merci bien. Donc exit... un tas de pays. C'est dommage, la Grèce c'est joli parait-il. Beau comme une prison qui brûle.

Je ne fous pas les pieds / les roues dans les pays où l'achat, la détention, le transport ou la consommation de stupéfiants - au pif, le cannabis - sont punis de peine de mort, d'emprisonnement à vie, ou pendant v'la les décennies. "Vacances" et "finir à l'ombre", c'est antinomique. Exit le Texas donc, et pas mal d'autres États et pays à travers le monde.

Je ne fous pas les pieds / les roues dans les pays où ki ya la guerre, des bombes, des explosions, des conflits à coups de machettes rouillées (au risque hémorragique faut-il ajouter la menace d'une infection ? je ne pense pas), et plein d'autres trucs qui piquent et qui font très mal et qui transpercent la peau ou les organes ou qui broient les os. Je vous rappelle que je parle toujours d'un séjour de vacances, pas d'être candidate pour Battle Royale. Et puis sauter sur une mine antipersonnelle quand on est déjà handicapée, ça n'a aucun sens. Pour ces raisons, exit plein de pays.

Je ne fous pas les pieds / les roues dans un pays qui considère les animaux comme des objets à un tel point qu'il permet à des sociétés de louer des chiens à l'heure (!). Exit le Japon. Et alors là, vous n'imaginez pas comme c'est douloureux : c'est la patrie des jeux vidéo quand même. Et de Ken Le Survivant ! Et de Nicky Larson, Lady Oscar, Emy Magic, Les Chevaliers du Zodiaque, Dragon Ball, Gigi, Totoro... Aaaaarggl, je souffre -_-

Je ne fous pas les pieds / les roues dans un pays où on ne mange pas de viande. C'est moi qui pars en vacances, pas mon tube digestif. Exit donc les destinations ou pays majoritairement végétariens, bien que d'un point de vue éthique j'approuve entièrement la démarche. Végétariens, je vous soutiens ! Mais de loin. Enfin loin de mon assiette en tout cas.

Je ne fous pas les pieds / les roues dans un pays où l'accès aux soins n'est pas garanti, et / ou dans lequel le système de santé est encore plus douteux que les manipulations d'OGM de Monsanto, ni où il faut parcourir 127 kilomètres, en hélicoptère ou à dos d'âne, pour trouver une pharmacie. Mourir d'un rhume pendant ses vacances, c'est ballot. Pas moins qu'un accident de yacht, mais tout de même. Exit énormément de pays, hélas.

Je ne fous pas les pieds / les roues dans les pays ou zones à moyen ou fort risque de catastrophe naturelle. Autant j'adore Dame-Nature, je lui voue même un culte et lui sacrifie de jeunes traders vierges à l'occasion, autant je n'aime guère les catastrophes. Encore moins pendant mes vacances, hein. Exit encore quelques pays.


Bref... quand bien même je pourrais partir en vacances, les choix de destinations ne se bousculent pas au portillon de l'aéroport. Et puis de toutes façons, je boycotte aussi l'avion.
Oui ben je suis internationaliste moi, pas globe-trotter.


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"Le voyage est court. Essayons de le faire en première classe."
Philippe Noiret

jeudi 21 mars 2013

Tunisie / Excision : le difficile ménage à trois du féminisme, d'Ennahda, et de l'humour belge


Mondialisation oblige : après l'humour anglais et l'humour belge, l'humour tunisien.

Je doute que ça fasse rire les FEMEN tunisiennes.
Mais les femmes n'ont aucun sens de l'humour de toutes façons... d'ailleurs, certaines le perdent en même temps que leur clitoris.


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"Vice : plaisir que l'on n’a pas goûté."
Louis Aragon

mercredi 20 mars 2013

Avortement, chirurgie fœtale, nouveau-né grand prématuré : le fœtus ressent-il la douleur ?

Je me permets de recopier ci-dessous le texte très clair et exhaustif du Dr Ricardo Carbajal. Loin de moi la volonté de lui "voler" son travail en mettant son texte en libre accès sur ce blog.
Néanmoins, le sujet est suffisamment important, instrumentalisé par divers lobbys, méconnu par le personnel soignant, et angoissant pour de nombreux parents ou femmes désirant avorter, pour qu'il me semble vraiment nécessaire de transmettre le plus largement possible les savoirs dont nous disposons aujourd'hui, et permettre un accès libre à ces informations.
Le texte du Dr Ricardo Carbajal est "the best" du genre (selon moi ^^), regroupant - et expliquant avec soin - diverses études menées sur la sensibilité fœtale.
J'espère que le Dr Ricardo Carbajal - ou les membres des JTA (Journées de Techniques Avancées en gynécologie-obstétrique) - ne m'en voudront pas de reproduire ici ce texte.

(et puis dites donc... je suis une Fée !, j'ai des passe-droits magiques et des privilèges fantastiques. Siiiii, c'est vrai.)

Voici le texte du Ricardo Carbajal à propos de la douleur chez le fœtus.


***

JTA 2007
Controverses récentes sur la douleur du fœtus
Dr Ricardo Carbajal
Centre National de Ressources de Lutte Contre la Douleur
Hôpital d’enfants Armand Trousseau - Assistance Publique-Hôpitaux de Paris


1. Débat autour de la douleur du fœtus

Le fœtus ressent-il la douleur ? Cette question est en réalité très complexe et la réponse dépend en grand partie de la définition que l’on donne à la douleur. Tout récemment, un débat très véhément s’est établi autour de cette question en raison des implications lourdes et importantes que la réponse comporte [1-3].

En effet, les conséquences sur la prise en charge des gestes invasifs chez le fœtus ou l’anesthésie lors de la chirurgie fœtale sont majeures. Sont également associées au débat la notion de la perception de la douleur chez le nouveau-né très prématuré et les conséquences à long terme de l’analgésie ou l’anesthésie périnatale sur le développement cérébral [4]. Sont venus accroître la complexité du débat les controverses autour de l’analgésie pour les avortements tardifs, le droit des femmes ou les concepts sur le début de la vie humaine [4]. Tout cela devant être intégré sur la conviction actuelle que la prévention et le traitement de la douleur sont devenus des droits essentiels de l’être humain, sans condition d’âge [5].

Le gouvernement fédéral américain préparait en 2005 une loi obligeant les médecins à informer les femmes candidates à un avortement qu’ «il y a des preuves importantes indiquant que la mort du fœtus pendant l’avortement engendre chez celui-ci une douleur» [6]. La loi devait prévoir que « les fœtus de plus de 22 semaines d’aménorrhée (SA) devaient recevoir une analgésie avant l’avortement».


2. Vers la négation de la douleur du fœtus

Trois articles récents parus dans des revues médicales de premier niveau ont déployé des argumentaires contre la réalité de la douleur fœtale, surtout avant 26-29 SA.

Lee et al ont conduit une revue de la littérature afin de trouver des arguments permettant de savoir si le fœtus ressent la douleur et auquel cas à partir de quel terme [1]. En préambule à leur travail, ils signalent que selon la définition de l’IASP [7], qui prévaut actuellement, la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle qui nécessite la présence d’une conscience permettant de reconnaître la stimulation comme désagréable. Ils considèrent que la douleur est fondamentalement une construction psychologique avec un contenu émotionnel et qu’en tant que telle, elle est modulée par les changements des états émotionnels et nécessite un apprentissage au travers d’une expérience de vie. La douleur nécessiterait la présence d’un circuit thalamo-cortical fonctionnel pour une perception consciente. Aucune étude humaine n’a évalué directement le développement de circuits thalamo-corticaux associés à la perception de la douleur. L’âge auquel les fibres thalamiques arrivent au cortex cérébral a été inféré à partir du développement d’autres circuits thalamo-corticaux. Ces auteurs signalent que les fibres thalamo-corticales commencent à apparaître entre 23 et 30 SA et que les électroencéphalogrammes suggèrent que la capacité pour une perception fonctionnelle de la douleur probablement n’existe pas avant 29 ou 30 SA. Ils concluent en signalant que peu d’études sont disponibles sur la capacité du fœtus à ressentir la douleur mais qu’il est peu probable que la douleur soit ressentie avant le troisième trimestre [1].

Derbyshire a rapporté en 2006 un article dans lequel il développe ses arguments indiquant qu’il n’y a pas suffisamment de preuves, par l’analyse de la neurobiologie fœtale et la notion de l’expérience vécue, qui appuient le concept de la douleur fœtale [3]. Il distingue d’une part les aspects liés au développement neurobiologique, et d’autre part, ceux ayant trait à la psychologie fœtale et au développement de la conscience. Sur le premier point, il signale que les données concernant l’imagerie fonctionnelle montrant des zones d’activation corticale en rapport avec une perception douloureuse [8], et celles montrant qu’une activation corticale peut générer une perception douloureuse même en l’absence d’une stimulation nociceptive [9] suggèrent que les projections thalamo-corticales sont, d’un point de vue anatomique, le minimum nécessaire pour la perception de la douleur. Il indique que, globalement, les données actuelles, montrent que le système neuroanatomique de la douleur peut être considérée comme complet vers la 26ème semaine de gestation. Mais, il précise que si ce développement du système neuroanatomique est nécessaire il n’est pas en soi suffisant pour une expérience douloureuse. Il déploie ainsi son deuxième point sur la psychologie fœtale en indiquant que la perception de la douleur nécessite un développement cérébral mais aussi un développement de l’esprit permettant d’intégrer la subjectivité de la douleur. Selon lui, le développement de l’esprit ne survient qu’en dehors de l’utérus au travers des actions de l’enfant et des interactions et ajustements mutuels avec son entourage [3]. En s’appuyant sur la définition de la douleur donnée par l’IASP [7], il indique que la douleur est vue comme une « expérience consciente ». La définition signale que la douleur est toujours subjective et que chaque individu apprend le sens du mot au travers des expériences liées aux lésions subies précocement dans la vie. Dans ce contexte là, Derbyshire conclut que le développement neurologique limité du fœtus ne lui permet pas d’avoir une telle expérience cognitive, affective et évaluative ; sans conscience il peut y avoir nociception mais pas de douleur [3].

Mellor et al. ont décrit un argumentaire pour signaler l’importance de la « conscience » et de « l’éveil » dans la compréhension de la douleur fœtale [2]. Pour ces auteurs, le débat sur la douleur du fœtus a été trop centré sur les aspects neuroanatomiques en oubliant la « conscience » et « l’éveil » du fœtus. Ils indiquent que la notion de la douleur fœtale a été basée sur le développement neuroanatomique obtenu par le fœtus à partir du troisième trimestre qui pourrait lui permettre de percevoir la douleur, et sur les études montrant que les stimulations nociceptives peuvent susciter des réponses physiologiques de stress chez le fœtus humain [10]. Cependant, ils signalent que ces données ne sont pas suffisantes pour conclure à la réalité de la douleur du fœtus. Pour eux, élaborer physiologiquement une stimulation nociceptive et percevoir cette stimulation nociceptive comme douloureuse ne sont pas la même chose [2]. Ils précisent que pour ressentir émotionnellement la douleur, on doit être cognitivement conscient de la stimulation (processus cortical), donc éveillé. Par conséquent, la question clé ne serait pas de savoir si les voies neuroanatomiques sont complètes et fonctionnelles mais si le fœtus est à un moment conscient et éveillé. Ils signalent qu’à terme équivalent le parallèle ne peut pas être fait entre un fœtus et un nouveau-né car leurs milieux ne sont pas les mêmes. Ils poursuivent en indiquant que la littérature actuelle n’apporte pas de preuves indiquant que le fœtus soit éveillé à un quelconque moment ; au contraire, les données seraient en faveur du concept d’un fœtus en état de sommeil continu [2]. Comme corollaire à ceci, ils concluent que si le fœtus est toujours endormi, il n’est donc pas conscient, et par conséquent il ne peut pas percevoir une stimulation nociceptive comme une douleur.


3. Arguments en faveur de la douleur fœtale

3.1. Le cerveau humain est bien développé avant la naissance

La comparaison entre les espèces montre que le cerveau humain est très développé bien avant la naissance [11]. Au moment de celle-ci, le cerveau du nouveau-né humain est capable d’élaborations complexes qui incluent l’élaboration abstraite de la forme des objets et la propriété des nombres qui dénotent un développement anténatal avancé de l’élaboration sensorielle [4]. Beaucoup d’arguments contre la réalité de la douleur fœtale sont basés sur l’immaturité ou l’inhibition des neurones corticaux et des influx thalamo-corticaux [1, 2] car ces éléments sont considérés comme essentiels pour la perception consciente de la douleur. Cependant, l’immaturité ou l’hypo-fonction de neurones corticaux n’est pas en soi suffisant pour empêcher la douleur fœtale [4].

3.2. Existence d’une conscience au niveau sous-cortical

Dans une revue faite par Anand, il signale les travaux de Penfield et Jasper qui basés sur l’étude de plus de 750 patients ont signalé que les fonctions d’intégration les plus élevées du cerveau ne sont pas complétées au niveau cortical, mais dans un système de structures sous-corticales hautement convergentes qui fournissent le mécanisme de la conscience [4]. La fonction d’observation de la conscience pourrait être séparée de son contenu cortical. Les lésions du système d’activation réticulaire, et non celles du cortex cérébral, conduisent à une perte de la conscience. D’autres preuves en faveur de la perception consciente véhiculée par des centres sous-corticaux sont fournies par les données concernant des enfants atteints de hydro-anencéphalie [12]. Malgré une absence totale ou quasi-totale du cortex, ces enfants possèdent une conscience discriminative. Ils peuvent distinguer les gens et les environnements familiers de ceux qui ne le sont pas, et sont capables d’une interaction sociale, d’une orientation visuelle, d’avoir de préférences musicales, de réponses affectives adaptées et d’un apprentissage par association [13]. Le système sous-cortical ne fonctionne pas seul, indépendamment du cortex, mais en utilisant certaines zones corticales [4]. Plusieurs preuves existent donc indiquant que les mécanismes clés de la conscience ou de la perception sensorielle consciente ne sont pas dépendants de l’activité corticale [4]. Par ailleurs, l’idée qu’une conscience est requise pour éprouver une perception sensorielle a été récemment remise en question par certaines études chez des patients adultes en état végétatif [14, 15].

3.3. Le fœtus, est-il conscient?

Il extrêmement complexe de prouver que le fœtus est conscient ; cela ne veut pas forcement dire qu’il ne l’est pas. Des enregistrements électroencéphalographiques ont montré des états similaires au sommeil chez le fœtus qui suggèrent une inhibition cortical in-utero [2]. Cependant, dans une analyse minutieuse du comportement fœtale basé sur la mémoire et l’apprentissage comme la fonction psychologique la plus élevée in-utero, Hepper et Shahidullah ont suggéré que la perception sensorielle consciente pourrait être présente pendant la vie utérine [4, 16].

3.4. Réactions du fœtus à la nociception

L’idée que le fœtus pouvait ressentir un stress lorsqu’un geste invasif lui était pratiqué et que par conséquent il pourrait nécessiter une analgésie est apparue après les travaux d’Anand sur la douleur des nouveau-nés prématurés [17]. Le rationnel pour cette idée était que si un nouveau-né prématuré ressentait la douleur, il n’y avait pas de raison de penser qu’un fœtus du même terme ne la ressentait pas. Fisk et Giannakoulopoulos ont poursuivi les travaux et ont donné des preuves directes des réponses hormonales et hémodynamiques présentées par le fœtus aux gestes invasifs. Ils ont également montré que ces réponses peuvent être bloquées par une analgésie [18-20].
Si l’on tient compte des définitions actuelles de la douleur, la douleur du fœtus ne rentrerait pas dans le cadre de cette définition. Mais, nous ne pouvons pas nier que le système nerveux fœtal élabore des réponses de protection contre les agressions tissulaires. Les preuves en faveur d’un effet délétère sur le développement neurologique de l’exposition précoce à la douleur sont de plus en plus importantes [21]. Cela veut dire que la stimulation nociceptive n’a pas besoin nécessairement de pénétrer dans la conscience pour altérer substantiellement le cours du développement sensoriel.

3.5. Critiques des revues récentes niant la douleur du fœtus

Anand [4] a signalé trois problèmes majeurs dans les argumentaires des trois revues récentes niant la réalité de la douleur du fœtus [1-3]. Premièrement, la douleur a été présentée comme un message véhiculé par un simple système de câblage qui transmet passivement les influx nociceptifs jusqu’à la perception dans le cortex cérébral. Or, les travaux de recherche de dernières décennies ont montré que la transmission de la douleur est beaucoup plus complexe et que chez le fœtus la réponse à une stimulation nociceptive dépendra aussi de l’état comportemental dans lequel il se trouve. Le fœtus est capable d’organiser des réponses coordonnées destinées à éviter la lésion tissulaire.
Deuxièmement, les auteurs de ces revues récentes assument incorrectement que la perception de la douleur chez le fœtus nécessite les mêmes structures que celles de l’adulte. Par conséquent, l’absence ou l’immaturité de ces structures les conduit à penser que la douleur du fœtus n’est pas possible. Or, les recherches humaines et animales ont montré que le fœtus ou le nouveau-né n’est pas un petit adulte et que les structures utilisées pour le processus de la douleur durant les premières étapes du développement sont uniques et différentes de celles de l’adulte. Le système de la douleur utilise à chaque stade du développement les structures présentes pour véhiculer ses messages.
Troisièmement, les opposants de la réalité de la douleur du fœtus signalent que l’activation corticale est nécessaire à la perception de la douleur par le fœtus. Ils ignorent les preuves signalées plus haut indiquant que les structures sous-corticales ont un rôle capital dans la perception de la douleur. L’ablation du cortex somato-sensoriel primaire n’altère pas la perception de la douleur chez les adultes, alors que l’ablation ou la stimulation du thalamus le fait.
En conclusion, Anand signale que les données sur le développement des structures anatomiques, des mécanismes physiologiques et des preuves fonctionnelles indiquent que la perception de la douleur se développe durant le second trimestre de gestation, certainement pas pendant le premier trimestre, mais bien avant le troisième trimestre.


RÉFÉRENCES

1. Lee S J, Ralston H J, Drey E A, Partridge J C, and Rosen M A. Fetal pain: a systematic multidisciplinary review of the evidence. Jama, 2005. 294(8): p. 947-54.
2. Mellor D J, Diesch T J, Gunn A J, and Bennet L. The importance of 'awareness' for understanding fetal pain. Brain Res Brain Res Rev, 2005. 49(3): p. 455-71.
3. Derbyshire S W. Can fetuses feel pain? Bmj, 2006. 332(7546): p. 909-12.
4. Anand K. Fetal Pain ? Pain Clinical Updates. International Association for the Study of Pain, 2006. XIV(2; June).
5. White M C and Wolf A R. Pain and stress in the human fetus. Best Pract Res Clin Anaesthesiol, 2004. 18(2): p. 205-20.
6. In The Senate of The United States. w1. The Unborn Child Pain Awareness Act of 2005. S. 51. available online : http://www.gpo.gov/fdsys/browse/collection.action?collectionCode=BILLS
7. IASP. Pain terms: a list with definitions and notes on usage. Recommended by the IASP Subcommittee on Taxonomy. Pain, 1979. 6(3): p. 249.
8. Coghill R C, McHaffie J G, and Yen Y F. Neural correlates of interindividual differences in the subjective experience of pain. Proc Natl Acad Sci U S A, 2003. 100(14): p. 8538-42.
9. Derbyshire S W, Whalley M G, Stenger V A, and Oakley D A. Cerebral activation during hypnotically induced and imagined pain. Neuroimage, 2004. 23(1): p. 392-401.
10. Smith R P, Gitau R, Glover V, and Fisk N M. Pain and stress in the human fetus. Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol, 2000. 92(1): p. 161-5.
11. Clancy B, Darlington R B, and Finlay B L. Translating developmental time across mammalian species. Neuroscience, 2001. 105(1): p. 7-17.
12. Marin-Padilla M. Developmental neuropathology and impact of perinatal brain damage. II: white matter lesions of the neocortex. J Neuropathol Exp Neurol, 1997. 56(3): p. 219-35.
13. Shewmon D A, Holmes G L, and Byrne P A. Consciousness in congenitally decorticate children: developmental vegetative state as self-fulfilling prophecy. Dev Med Child Neurol, 1999. 41(6): p. 364-74.
14. Shewmon D A. A critical analysis of conceptual domains of the vegetative state: sorting fact from fancy. NeuroRehabilitation, 2004. 19(4): p. 343-7.
15. Schiff N D, Rodriguez-Moreno D, Kamal A, Kim K H, Giacino J T, Plum F, and Hirsch J. fMRI reveals large-scale network activation in minimally conscious patients. Neurology, 2005. 64(3): p. 514-23.
16. Hepper P and Shahidullah S. The beginnings of mind : evidence from the behaviour of the fetus. J Reprod Infant Psychol, 1994. 12(33): p. 143-154.
17. Anand K J, Sippell W G, and Aynsley-Green A. Randomised trial of fentanyl anaesthesia in preterm babies undergoing surgery: effects on the stress response. Lancet, 1987. 1(8524): p. 62-6.
18. Giannakoulopoulos X, Sepulveda W, Kourtis P, Glover V, and Fisk N M. Fetal plasma cortisol and beta-endorphin response to intrauterine needling. Lancet, 1994. 344(8915): p. 77-81.
19. Giannakoulopoulos X, Teixeira J, Fisk N, and Glover V. Human fetal and maternal noradrenaline responses to invasive procedures. Pediatr Res, 1999. 45(4 Pt 1): p. 494-9.
20. Fisk N M, Gitau R, Teixeira J M, Giannakoulopoulos X, Cameron A D, and Glover V A. Effect of direct fetal opioid analgesia on fetal hormonal and hemodynamic stress response to intrauterine needling. Anesthesiology, 2001. 95(4): p. 828-35.
21. Huang W, Deprest J, Missant C, and Van de Velde M. Management of fetal pain during invasive fetal procedures. A review. Acta Anaesthesiol Belg, 2004. 55(2): p. 119-23.


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"L'obligation de subir nous donne le Droit de Savoir."
Jean Rostand

samedi 19 janvier 2013

Einstein et Dieu - le choc de la raison contre la croyance

Il me semble nécessaire de remettre les pendules à l'heure (malgré la relativité du temps et de l'espace, soit) sur ce que pensait Albert Einstein à propos de la religion, car quelques activistes croyants (notamment des créationnistes) essaient de donner de la crédibilité à leurs revendications en faisant passer d'illustres sommités - dont Einstein - pour des croyants, ce qu'Einstein n'était PAS.

Alors rendons Jules ce qui appartient à César, et fissa.


Une lettre inédite d'Albert Einstein au philosophe Eric Gutkind, datée du 3 janvier 1954, apporte un démenti formel à tous ceux qui voudraient faire passer Einstein pour un croyant. Un an avant sa mort, il y affirme que l'idée de Dieu est née de la faiblesse humaine et qualifie la Bible d' "infantile". Dans Comment je vois le monde (1934) on retrouve également plusieurs propos contre la religion et des propos anti-militaristes, entre autres (oui, des juifs anti-militaristes ça existe, n'en déplaise au Hamas - et au Betar - comme quoi ces deux là peuvent s'entendre finalement).

« Ce que vous avez lu sur mes convictions religieuses était un mensonge, bien sûr, un mensonge qui est répété systématiquement. Je ne crois pas en un Dieu personnel et je n’ai jamais dit le contraire de cela, je l’ai plutôt exprimé clairement. S’il y a quelque chose en moi que l’on puisse appeler "religieux" ce serait alors mon admiration sans bornes pour les structures de l’univers pour autant que notre science puisse le révéler. » (Albert Einstein, Albert Einstein : le côté humain édité par Helen Dukas et Banesh Hoffman, lettre du 24 mars 1954)
« Le mot Dieu n'est, pour moi, rien d'autre que l'expression et le produit de la faiblesse humaine. (…) La Bible est une collection de légendes et de contes de fées, certes honorables mais primitives et infantiles » (lettre du 3 janvier 1954)
(NDLR : il avait évidemment tort à propos des contes de Fées :D)

« Définissez-moi d’abord ce que vous entendez par Dieu et je vous dirai si j'y crois. » (Albert Einstein)
« Il n'existe que deux choses infinies, l'univers et la bêtise humaine... mais pour l'univers, je n'ai pas de certitude absolue. » (Albert Einstein)
« Ceux qui aiment marcher en rangs sur une musique : ce ne peut être que par erreur qu'ils ont reçu un cerveau, une moelle épinière leur suffirait amplement. » (Albert Einstein, Comment je vois le monde, 1934)
« Pour être un membre irréprochable parmi une communauté de moutons, il faut avant toute chose être soi-même un mouton. » (Albert Einstein, Comment je vois le monde, 1934)
« Je ne peux pas imaginer un Dieu qui récompense et punit l'objet de sa création. Je ne peux pas me figurer un Dieu qui récompense et punit l'objet de sa création. Je ne peux pas me figurer un Dieu qui réglerait sa volonté sur l'expérience de la mienne. Je ne veux pas et je ne peux pas concevoir un être qui survivrait à la mort de son corps. Si de pareilles idées se développent en un esprit, je le juge faible, craintif et stupidement égoïste. » (Albert Einstein, Comment je vois le monde, 1934)
« À force de lire des ouvrages de vulgarisation scientifique, j'ai bientôt eu la conviction que beaucoup d'histoires de la Bible ne pouvaient pas être vraies. La conséquence a été une véritable orgie fanatique de libre pensée accompagnée de l'impression que l'État trompe intentionnellement la jeunesse par des mensonges. C'était une impression écrasante. Cette expérience m'a amené à me méfier de toutes sortes d'autorité, à considérer avec scepticisme les convictions entretenues dans tout milieu social spécifique : une attitude qui ne m'a jamais quitté, même si par la suite, parce que j'ai mieux compris les mécanismes, elle a perdu de son ancienne violence. » (Albert Einstein)

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"Dieu lui-même n'est pas sans péché puisqu'il a créé le monde."
Proverbe bulgare

vendredi 21 décembre 2012

Contre la fin du monde : les barricades !

La fin du monde approche, c'est pour aujourd'hui !
Enfin pour demain, si on tient compte du décalage horaire (car les Mayas n'habitaient pas en France, je vous le rappelle).

Que faire ? Comment réagir ?
Rester les bras ballants face à l'inéluctable ?
QUE NENNI !
Affrontons l'adversité, défions le destin, bravons le sort que nous réserve l'univers, battons-nous jusqu'au bouuuut !

Pour ma part, j'ai commencé la construction d'une barricade :


Certes, "fumer tue".
Mais la fin du monde aussi !


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"De deux maux, il faut choisir le moindre."


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BONUS


vendredi 26 octobre 2012

Radical Girl Power : ça c'est d'la meuf ! - Femmes, je vous aime

Ah, les femmes.


Sans vouloir m'adonner au sacro-saint victimisme qui contamine la plupart des mouvements féministes (hop, voici un antidote efficace), force est de constater que les femmes - ici ou ailleurs - en prennent plein la tronche. Et ce, uniquement parce qu'elles sont des femmes.

Menacées ; mariées ou embrassées sans qu'on leur demande leur avis ; frappées ; forcées à la prostitution ; opérées pour se faire "reconstruire" une virginité ; excisées ; à la rue ; ghettoïsées ; insultées ; violées ; tuées à coup de fusil ou avec une petite masse... les femmes n'ont que rarement la vie rose bonbon de petite princesse à laquelle on les entraine pourtant dès leur plus jeune âge.

Même devant leurs fourneaux, elles ne sont plus à l'abri. En famille non plus : gare au "repassage des seins", preuve - s'il en était encore besoin - que les supplices imaginés par le Marquis de Sade ont un enivrant parfum d'universalité.

Devant la justice, les femmes se trouvent aussi souvent démunies : une femme violée est poursuivie pour "atteinte à la pudeur", en cas de viol les verdicts sont parfois dérisoires, et globalement les femmes sont considérées comme coupables de ce qui leur est arrivé (quand c'est pas Dieu qui l'a voulu, évidemment...), qu'il s'agisse de viol ou de suicide suite à un harcèlement. 


Face à un environnement si hostile, certaines femmes sont tentées de se résigner, ne pas réagir, serrer les dents. Encaisser. Parfois même, avec le sourire.
D'autres choisissent de se soumettre, de s'en remettre à un pseudo "ordre naturel" sexiste des choses, dans lequel les hommes et les femmes ont des rôles prédéfinis bien précis, complémentaires et non égaux ; elles se choisissent un maitre ultime et tout puissant à qui obéir.


Pourtant, d'autres méthodes existent !, comme en témoignent ces petites histoires de bonnes femmes... :

* « Une jeune Iranienne réprimandée par un mollah pour sa tenue indécente a roué l’homme de coups, l’envoyant pour trois jours à l’hôpital »


« elle lui a tiré dessus à plusieurs reprises avec un fusil avant de le poignarder à l'abdomen et de le décapiter. Cette mère de deux enfants a ensuite jeté la tête de sa victime sur la place de son village »

« Le 5 juin, elles étaient environ 300 à marcher en direction de l’aéroport, suivant de près une autre manifestation de jeunes (...) les femmes ont été prises à partie dès leur arrivée dans le centre-ville.
Mais elles ne se sont pas laissées faire : "Les femmes déclenchent aussitôt une intifada. Les jets de pierres par les marcheuses déclenchent les coups de cravache par Ansar Dine. Quatre femmes sont blessées légèrement mais la cruauté de la police islamique décuple la détermination des femmes qui intensifient la lapidation" »

Aaaaah ! Ça c'est d'la meuf !
Femmes, je vous aime.





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"Les femmes qui savent se défendre sont surtout celles qui ont été beaucoup attaquées."
Tristan Bernard

"La torture interroge, et la douleur répond."
François Raynouard

mardi 16 octobre 2012

EXCLUSIF : la biographie de Diam's en photos !

Diam's, cette horripilante petite star du rap qui a naïvement cru qu'elle pourrait s'en sortir avec les honneurs dans un milieu réservé aux mâles - allons donc - n'est plus.
Place à Mélanie Georgiades !, cette respectable femme devenue mère, femme au foyer et épouse, dans la foulée d'une rédemptrice conversion à l'islam.

"De toute évidence, entre sa maternité et sa révélation à Dieu, elle aura réussi à trouver enfin la paix." conclut Le Figaro.
Ah, nous voilà rassurés : les fondements de la société ne sont pas complètement écroulés (pas encore).
[mise à jour 18 mai 2013 : trop tard, à nous les invasions de sauterelles et les pluies de météorites]

Mais comment ce modèle de dépravation à l'occidentale, qui osait porter les cheveux courts "à la garçonne", se maquiller, et se pavaner sur scène, a-t-elle retrouvé la place de femme soumise et discrète qui est la sienne (et que cette gourgandine n'aurait jamais dû quitter) ?



Mieux qu'un long discours et une autobiographie cucul-la-praline mal écrite,
voici "Diam's, sa biographie en photos" :

Diam's, à l'époque où elle n'était qu'une dépravée inconsciente et impudique se pavanant sur les plages...

paradant sur scène...

s'affichant sur les plateaux de télévision...

fanfaronnant devant les photographes...

et minaudant dans la rue.


Petit à petit, la tête de Diam's se couvre.
Premiers signes d'un profond questionnement sur l'impudeur des cheveux féminins
et leur impact sur la dégénérescence du monde moderne,
ou simple manifestation du hasard ?
Qui sait ? Les voies du Seigneur sont impénétrables.


Et si la voie du salut était dans la religion ? Entre mode et voile, Diam's se cherche :

Muslim Gavroche

Muslim Obi Wan Kenobi

Muslim supporter de l'OM

Muslim Fifties American College Dream

Muslim Streetwear


Tant de styles ! Mais un seul Dieu ! Diam's est perdue devant sa penderie.
C'est alors que son regard se pose sur une paire de rideaux occultants... la voilà, la solution !
  

Coming soon : Diam's the Dementor

La conversion de Diam's en Détraqueur fera l'objet d'une seconde biographie.
Guettez la vitrine de votre librairie !



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"Le théâtre partage ses limites avec la religion. La religion n'est que du théâtre qui veut être vrai."
Edward Bond

"La religion est la fausse monnaie du désespoir."
Maurice Chapelan